Activité 1
Selon vous, quelles difficultés particulières ont à affronter les femmes et les enfants réfugiés? Lisez les récits qui suivent et, avec vos condisciples, tâchez d’identifier les principales difficultés auxquelles les femmes et les enfants réfugiés ont à faire face.
L’histoire de Mariyam

Mariyam, une habitante de Bassora (Irak), âgée de 48 ans, a été enlevée le 6 juillet 2005. Trois hommes l’ont battue durant les trois jours de sa détention. Le premier jour, elle a été privée d’eau, de nourriture et d’accès à une toilette et les jours suivants elle a été violée par ses ravisseurs.
Le dernier jour, ceux-ci lui ont bandé les yeux, l’ont embarquée dans une voiture et abandonnée à la rue après avoir menacé de la tuer ainsi que sa famille, si elle racontait son enlèvement. Elle prit un taxi et à peine arrivée chez elle, son mari la battit.
Trois jours plus tard, Mariyam se rendit à la police afin de convaincre son mari de ce qui était arrivé. Une semaine après son kidnapping, une femme vint à la maison et lui dit que parce qu’elle avait dénoncé son enlèvement à la police, toute sa famille allait être tuée. Alors Mariyam s’enfuit en Syrie avec sa famille. Son mari l’abandonna. Elle reconnut un de ses ravisseurs en rue, à Damas. Depuis, elle est traumatisée et n’ose pas quitter sa maison. Elle survit grâce au soutien de sa soeur.
(Source: Amnesty International, Iraq: Suffering in silence : Iraqi refugees in Syria , 12 May 2008. MDE 14/0110/2008. En ligne. UNHCR Refworld, disponible sur: http://www.unhcr.org/refworld/docid/4847a4841f.html [accessed 17 July 2008]L’héritage d’AlfredoLe jeune Alfredo Chivunda (14 ans) est né dans un camp de réfugiés en Zambie, de sorte qu’il n’a jamais connu son pays d’origine, ni en temps de paix, ni en état de guerre. Sa famille est originaire de Cazombo, ville angolaise, proche de la frontière zambienne, qui fut durement touchée durant les décennies de la guerre civile angolaise. A la signature des Accords de paix, les réfugiés ont commencé à revenir chez eux, dans un pays dévasté et parsemé de mines. Malgré l’ampleur des destructions, beaucoup de gens choisirent de revenir dans leurs villages, désireux de rebâtir leur pays. Parmi eux, il y avait Alfredo. Ainsi, pour la première fois, il habite sa maison ancestrale et essaie d’entrer à école.

Mais il est trop âgé pour l’école primaire et il découvre que les écoles secondaires ne sont pas reconstruites. En outre, ayant grandi en Zambie, il ne parle pas portugais, la langue de l’enseignement en Angola. Il s’inquiète de perdre plusieurs années à l’école: "J’aurai du mal à apprendre le portugais que l’on parle ici, car c’est déjà tard. Je vais devoir recommencer et ça sera dur aussi."
Alfredo quitte la Zambie seul, et vit à present dans un petit village à 40 minutes de marche de Cazombo, dans la famille de son demi-frère Manuel. Il est bien plus âgé que les autres enfants du village et se sent seul. "Il n’y a là pas d’enfants avec qui je puisse être ami, qui soient de ma taille." Il montre la taille d’un enfant de 5 ans : "Ils sont tous grands comme ça. Je n’ai pas d’amis ici. Je n’ai que cet arbre. Je m’assois en-dessous pour lire. C’est tout."
La longue route de Feah
Feah vient de Sierra Leone. Sa vie normale et heureuse s’est arrêtée le jour où des soldats rebelles, armés, ont envahi la plantation de cacaoyers de ses parents. Feah et les plus jeunes étaient allés chercher de l’eau à la rivière lorsqu’ils virent arriver les rebelles. Effrayés, ils se cachèrent et entendirent les cris de douleur de leur mère torturée par les soldats.
Les cris durèrent longtemps, mais les enfants terrorisés ne pouvaient rien faire que rester où ils étaient et espérer que les soldats partiraient sans qu’ils les découvrent. Lorsqu’enfin ils purent sortir de leur cachette, ils trouvèrent leur mère morte, la machette avec laquelle elle avait été tuée, à côté d’elle.

Feah et ses frères et soeur cherchèrent en vain leur père. Etait-il mort ? Avait-il été emmené par les agresseurs ? Quoi qu’il en soit, l’aînée, Feah, devait maintenant prendre soin des plus petits et les mettre en sécurité. Il était trop risqué de rester à la plantation, et même dans le pays alors que les soldats gouvernementaux, comme les rebelles, s’en prenaient indistinctement aux civils.
Feah et ses frères et soeur se mirent en route, à pied, tout en essayant d’éviter les soldats et ceux qui pourraient s’en prendre à cinq enfants seuls. Il leur fallut sept jours et sept nuits pour atteindre la Guinée et y chercher abri et sécurité dans un camp de réfugiés.
Un an a passé. Feah a grandi vite. Son enfance s’est brutalement achevée le jour où sa mère a été tuée. A 14 ans, elle est responsable de sa sœur de 4 ans, Kadiatu, et de ses frères, Aiah, 10 ans et Junior deux ans. Leur troisième frère, Komba, qui s’est enfui avec eux, est mort après avoir attrapé une pneumonie durant leur fuite. Il n’avait que 5 ans.
La vie de Feah est dure. Elle parcourt de longs trajets, de village en village, pour gagner de l’argent : elle concasse le café fraîchement récolté et le riz pour les paysans guinéens et reçoit moins de 50 cents par sac, à moins que ce ne soit que quelques grains de riz. Les jours de marché, elle aide les commerçants à vendre des vêtements de seconde main et ne gagne qu’un dollar par jour.
Le refuge de Florence
Florence est née à Bukavu, dans l’est du Zaïre (Congo - RDC) près de la frontière rwandaise. Sa mère voyageait pour ses affaires et laissait Florence dans uns famille d’adoption jusqu’à ce jour d’avril 1994 où la tragédie survint alors qu’elle était avec sa mère au Rwanda.
"Ce jour-là, alors que je visitais ma mère, nous avions entendu des rumeurs que les Hutus massacraient les Tutsis, mais nous ne le croyions pas vraiment. Le troisième jour des massacres, nous étions ensemble et je laissais ma mère dans la salle de séjour, le temps d’aller prendre quelque chose dans sa chambre. Ces instants m’ont sauvé la vie : un groupe d’hommes en colère, armés de machettes, ont fait irruption en hurlant et ont porté deux coups à ma mère dans la poitrine, avec un long couteau. Je suis presque devenue folle et me suis enfuie par derrière". Elle ne s’arrêta qu’après avoir passé la frontière et atteint Bukavu.

Elle eut un coup aussi dur lorsqu’ayant raconté à sa famille d’adoption ce qui était arrivé, ils lui dire de partir, elle et sa jeune sœur. Florence se réfugia dans un camp où elle fut obligée de vendre sa ration de nourriture afin d’aider sa soeur. Quelques semaines plus tard, elles se mirent en route vers Kisangani, à 700 kms de là, qu’elles atteignirent après 45 jours. "En route, nous mangions des fruits et des noix et buvions une eau si mauvaise que j’en ai encore des nausées."
Là, elle changea d’identité par crainte que la chasse aux Tutsis ne continue encore. Comme elle parle plusieurs langues (Swahili, Lingala, français avec l’accent zaïrois) elle était prise pour une Zaïroise. Et grâce au nom zaïrois qu’elle avait pris, elle parvint à embarquer sur un vol pour Kinshasa, affrêté pour les victimes de la guerre. "Des gens sympathiques nous ont adoptés, mais je vis séparée de ma soeur qui a été prise en charge par une autre famille," dit-elle.
Afin de pouvoir payer l’école, elle travaille comme babysitter. "Je suis comme ma mère, très active," dit-elle. Un jeune étudiant en théologie raconta ses malheurs à un prêtre polonais qui, pris de compassion, aida les deux soeurs à aller en Pologne en 2000.
Source: UNHCR:
http://www.playagainstallodds.com/factualweb/us/1.4/articles/Florence_Rwanda.html [accessed 17 July 2008]Activité 2 - QuestionPourquoi les femmes et les enfants réfugiés sont-ils particulièrement vulnérables?
Activité 3 - ScénarioLe nombre de femmes et d’enfants réfugiés arrivant dans votre pays est actuellement en augmentation. Vous êtes chargé d’assurer un accueil et une protection adéquats pour ces groupes vulnérables. Quelles dispositions envisagerez-vous de prendre à cet effet ?