Activité 1Au cours de l’histoire, des gens ont quitté leurs foyers pour échapper aux persécutions, aux conflits armés ou à des violences politiques et chercher refuge ailleurs. Parcourez les articles suivants, relatifs à la fuite des réfugiés. Pouvez-vous identifier le contexte historique? A quelle époque ces articles se rapportent-ils?
Article 1- Les réfugiés au 20ème siècle en EuropeAprès la première guerre mondiale, fut créée la Société des Nations (SDN) tentative de coopération pacifique entre Etats. Ce fut la première organisation qui eut à s’occuper de la question des réfugiés au niveau international. La deuxième guerre mondiale et l’immédiat après-guerre entraînèrent les plus importants déplacements de populations de l’histoire. En mai 1945, quelque 40 millions de personnes étaient déplacées en Europe. En plus, environ 13 millions d’Allemands ethniques furent expulsés d’URSS et des autres pays d’Europe de l’Est (Pologne, Tchécoslovaquie, etc.) dans les mois qui suivirent la fin des hostilités.
L’Europe dévastée connut encore une guerre civile en Grèce et d’autres conflits dans le sud-est du continent qui amenèrent d’autres déplacements importants de personnes. Les Alliés reconnurent le besoin de traiter le problème des réfugiés en Europe et créèrent l’organisation internationale des réfugiés (IRO) en 1947. L’IRO ne fut pas capable de régler le problème et fut abandonnée en 1952, alors même que de nombreuses personnes étaient toujours déplacées en Europe.
A la fin des années 40, plusieurs crises liées à la Guerre froide (Blocus de Berlin en 1948-49 suivi de la création de deux Etats allemands, création de l’OTAN et début de la guerre de Corée en 1950) causèrent de nouveaux réfugiés et firent prendre conscience que le déplacement de personnes ne serait pas un phénomène provisoire.
En 1950, la communauté internationale n’avait pas encore créé un réseau d’institutions et de lois pour traiter la question des réfugiés. C’est en 1950-51, avec la création du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (HCR) et l’adoption de la Convention des Nations-Unies relative au Statut des Réfugiés (voir Chapitre 1) que le tournant se situe.
Article 2 – La Crise hongroise de 1956Le premier test majeur pour le HCR fut l’exode de réfugiés de Hongrie suite à l’intervention soviétique lors du soulèvement hongrois en 1956. Cet exode fut le premier test pour le HCR qui dut faire face à l’arrivée massive de réfugiés fuyant une répression politique.
Les racines de la crise hongroise se trouvent dans le « réchauffement » qui, en URSS et dans les pays d’Europe de l’Est, suivit la mort de Staline en 1953. Le régime communiste hongrois, installé en 1947-48, était un des plus « staliniens » de la région. Le discours célèbre de Nikita Krouchtchev devant le Parti communiste soviétique en février 1956, dans lequel il reconnaissait que Staline avait commis de nombreuses erreurs, provoqua des vagues à travers le monde communiste. Par ailleurs, Krouchtchev entreprit de revoir les relations de l’URSS avec ses alliés (satellites).

Suite à cela, le régime hongrois parut admettre la nécessité de réformes et le réformiste Imre Nagy fut nommé Premier ministre. Mais des manifestations populaires contre le régime communiste eurent lieu le 23 octobre et Imre Nagy, donnant suite aux revendications, forma un gouvernement de coalition d’où les communistes de la ligne dure furent exclus et promit des élections libres.
L’armée soviétique réagit en envahissant le pays et Budapest, le 4 novembre. La résistance à l’invasion entraîna de durs combats mais fut écrasée par l’armée rouge. Plus de 3000 personnes furent tuées dans les rues de la ville en 10 jours. Ce fut la confrontation la plus violente depuis la guerre en Europe et avant les guerres dans l’ancienne Yougoslavie au cours des années 90.
Article 3 – Des mouvements de masse: Crises et héritage (Extrait de: LOESCHER, Gil. Beyond Charity: International Cooperation and the Global Refugee Crisis. Oxford, OUP, 1993) 
On estime que durant la guerre du Vietnam, la moitié des quelque 20 millions de Sud-Vietnamiens ont été déracinés. De même, des millions de Cambodgiens et de Laotiens, pris dans les combats ont fui les campagnes pour chercher refuge dans les grandes villes et des camps de réfugiés. La population de Saïgon crût de 1,8 à 3,8 millions d’habitants et à la fin de la guerre (1975), la moitié de la population rurale des trois pays de l’Indochine vivait dans les villes.
Avant 1975, la guerre en Indochine avait entraîné relativement peu de déplacements transfrontaliers et seules quelques organisations humanitaires apportaient une aide sur place, à des milliers de personnes déplacées sur les territoires vietnamien et laotien. Ces organisations n’étaient pas équipées pour faire face aux importants afflux de réfugiés qui suivirent la chute de Saïgon et celle de Phnom Penh en avril 1975.
Rapidement les Etats voisins perçurent ces arrivées massives de réfugiés comme une menace pour leur sécurité nationale, la stabilité politique et sociale et leur développement économique. Et lorsque des dizaines de milliers de réfugiés passèrent les frontières ou débarquèrent sur les rivages, ils furent reçus avec hostilité. Les autorités malaisiennes et thaïlandaises menacèrent de les renvoyer de force si elles n’obtenaient pas au préalable des engagements d’aide ou de relocalisation dans des Etats tiers. Et en effet, de nombreuses embarcations transportant des réfugiés furent repoussées et ce qui entraîna la mort de milliers de personnes.
Lorsqu’en juillet 1979 la crise atteignit des proportions énormes, les Nations-Unies tinrent une conférence à Genève à laquelle le Vietnam accepta un « moratoire » sur les départs illégaux. Dans le même temps, la Thaïlande et la Malaisie acceptèrent de respecter le droit des réfugiés à l’asile après que les USA, le Canada, l’Australie, la France et une trentaine d’autres Etats se soient engagés dans un important et coûteux programme de réinstallation des réfugiés, programme qui allait durer jusque dans les années 90.
Activité 2- QuestionLes réfugiés vietnamiens de la fin des annés 70 sont souvent appelés les “boat-people”. Tout au long de l’histoire, des réfugiés ont dû traverser des mers afin d’échapper aux conflits et de trouver refuge. Connaissez-vous d’autres migrants qui pourraient aujourd’hui être considérés comme « boat-people » ?
Activité 3 - DiscussionAvez-vous connaissance d’autres déplacements de réfugiés au cours du 20ème siècle, que ceux qui ont été évoqués ci-dessus? Sur base d’ éléments historiques, quel est le facteur le plus fréquent à la base des déplacements de réfugiés ?
Liens et lectures complémentaires UNHCR Pictorial History
http://www.unhcr.org/pictorial/index.html The State of the World’s Refugees, Fifty Years of Humanitarian Action. United Nations High Commissioner for Refugees (Oxford University Press, 2000)