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Chapitre 1 - Qu'est-ce qu'un réfugié? PDF Imprimer E-mail

Activité 1- En petits groupes de trois ou quatre élèves, discutez la signification des mots: réfugié, asile et déplacement.

La Convention des Nations-Unies de 1951 relative au Statut des Réfugiés (amendée par un Protocole en 1967) définit le réfugié comme une personne qui, pouvant craindre de manière fondée d’être persécutée en raison de sa race, religion, nationalité, appartenance à un groupe ethnique déterminé ou opinion politique, se trouve hors du pays dont elle possède la nationalité et ne peut ou, en raison de sa crainte, ne veut se placer sous la protection de ce pays, ou qui, étant apatride et se trouvant à l’extérieur du pays de sa résidence habituelle en raison de certains événements, ne peut ou ne veut y retourner en raison de cette crainte.

Activité 2. Lisez le récit de Cécilia et répondez aux questions.
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L’histoire de Cécilia
Devenir réfugié
Cécilia n’a pas fait le choix conscient de quitter le Soudan. A dix-huit ans, elle s’enfuit de l’endroit où son père et sa mere avaient été tués sous ses yeux. Elle gagna la brousse et sans le savoir, franchit la frontière avec le pays voisin. Deux jours plus tard elle rencontra un étranger qui lui demanda où elle voulait aller. Tout ce qu’elle savait c’est qu’elle ne voulait pas retourner chez elle.

Quelque part en Europe
Elle a du mal à se souvenir de ce qui a suivi. Des étrangers la conduisirent en divers lieux; elle rencontra un “groupe” qui lui dit qu’ils allaient en “Europe” et que si elle ne les accompagnait pas, elle devrait tirer son plan seule. Par conséquent, elle les suivit. Le voyage débuta à pied, à travers un désert, se poursuivit dans des petits bateaux et se termina en voiture. Ce n’est que lorsqu’elle arriva à Bruxelles que Cécilia apprit que l’Europe se compose de divers pays et qu’elle était en Belgique. Sur le conseil de ses compagnons, elle trouva une compatriote qui l’orienta vers un endroit où elle demanda asile. Cécilia fut interviewée et raconta son histoire. On lui remit un papier avec le nom d’un centre d’accueil mais sans explication au sujet de la procédure d’asile ou les coordonnées d’un avocat.

Il vaut mieux ne pas être dans le système d’asile.
A présent, Cécilia pense qu’elle a commis une erreur. Sa compatriote lui dit que si elle acceptait une place dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile, elle risquait de se voir déportée. Elle prit peur et quitta le centre avec cette femme. Mais lorsqu’elle vit le genre de vie qu’elle menait, elle la quitta et vécut avec d’autres personnes à Bruxelles. Elle suivit des cours pour adultes et se sentit en sécurité, sachant que le pire qui puisse lui arriver en Belgique ne serait jamais comparable aux meurtres et viols qu’elle avait vus dans son pays. Quelques années plus tard, ses amis consultèrent un avocat pour examiner l’évolution de sa demande d’asile. Il lui apprit qu’elle avait été rejetée, qu’elle-même devait quitter le pays et que cette information avait été envoyée au centre d’accueil où elle aurait dû résider. Cécilia ne comprenait encore rien à toute cette procédure ni à ces mots qui allaient déterminer sa vie.

La crainte du retour
Pour Cécilia, ce fut la nuit tragique: elle dormait quand la police a pénétré dans l’appartement où elle vivait. Elle et une autre femme ont été enchaînées et embarquées. Elle dit qu’elle avait des cours le lendemain et on lui répondit qu’il ne s’agissait que d’un contrôle au poste de police. Elle fut conduite au centre pour les ‘illégaux’ à Bruges, appelé le ‘Refuge’. Toute cette situation lui était incompréhensible. D’autres détenus la prévinrent qu’on essaierait de lui faire signer une déclaration de retour volontaire dans son pays. Elle craignait cela par-dessus tout et vivait traumatisée ainsi que cela apparut à travers ses phrases hésitantes et inachevées.

Présomption de mensonge
Elle ignorait comment joindre son premier avocat. Ses amis lui en trouvèrent un autre qui lui expliqua qu’en dépit de la décision négative sur sa demande d’asile, elle pouvait faire appel contre sa détention illégale. Il l’accompagna deux fois devant une juridiction pour demander sa mise en liberté. Elle était si émue qu’elle ne put rien dire devant les juges. Son appel fut chaque fois rejeté. On la conduisit alors à l’ambassade du Soudan pour obtenir des documents de voyage afin qu’elle puisse regagner son pays, puis, à sa surprise, à l’ambassade du Nigéria. Comme elle demandait des explications, on lui dit que malgré ses affirmations qu’elle venait du Soudan, on vérifiait si elle n’était pas nigériane comme on le soupçonnait.

Libre, mais pour combien de temps?
Une troisième fois, l’avocat introduisit une demande en justice. Deux jours plus tard, après quatre mois de détention, Cécilia apprit par un travailleur social qu’elle allait être remise en liberté mais recevrait un ordre de quitter le territoire dans les cinq jours. L’ambassade du Soudan n’avait pas délivré de documents de voyage pour elle. Donc, elle allait continuer à vivre à Bruxelles sans papiers.

Cependant, sa situation s’est dégradée: la crainte d’être renvoyée en centre de détention est devenue bien réelle pour elle. Elle a peur de se rendre à l’école; elle n’a pas d’argent et ne peut s’acheter un ticket de tram, de sorte qu’elle craint d’être arrêtée par la police à tout moment.


Questions
L’histoire de Cécilia dit la confusion dans laquelle se retrouvent de jeunes réfugiés obligés de fuir leur pays ; les difficultés qu’ils affrontent lors de leur arrivée dans un pays d’accueil et les incertitudes pour l’avenir. La peur de retourner en centre de détention et le manque d’argent ne sont que deux des problèmes de Cécilia.

Seuls ou en petit groupe, réfléchissez à d’autres difficultés que des réfugiés comme Cécilia rencontreront dans leurs tentatives de refaire leur vie dans un nouveau pays.

Activité 3. Répondez aux questions suivantes et comparez vos réponses aux statistiques du HCR.
- Dans quel continent vivent le plus grand nombre de réfugiés?
- Pensez-vous qu’il y a, en Afrique, davantage de réfugiés que de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays ?

Le calcul du nombre de réfugiés dans le monde n’est pas une science exacte. Les données fournies par le HCR au sujet des personnes déplacées dans leur propre pays (IDPs) ne se rapportent qu’à celles dont une agence des Nations-Unies est responsable à l’exclusion de la plupart des réfugiés palestiniens pris en charge par une agence spéciale des Nations-Unies (UN Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East – UNRWA).
Les tables ci-dessous donnent les derniers chiffres du HCR, ainsi que ceux pour les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et pour les Palestiniens. Quoique les chiffres varient selon les sources, on peut estimer à quelque 42 millions le nombre de réfugiés et de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays.

CHIFFRES DU HCR POUR LES REFUGIES – FIN 2007
Source: UNHCR Global
report 2007
PERSONNES DEPLACEES A L’INTERIEUR
DE LEUR PAYS – FIN 2007
Source: http://www.internal-displacement.org/
Asie du Nord-Ouest 3,325,640
Amérique latine 530,540
Amérique du Nord et Caraïbes 456,980
Afrique 2,400,830
Europe 1,586,020
Asie de l’Est et Pacifique 499,280
Moyen-Orient 2,591,940
Asie du Nord-Ouest 2,680,000
Afrique 12,090,000
Europe 1,580,000
Amérique latine 4,120,000
Amérique du Nord et Caraïbes -
Asie de l’Est et Pacifique 400,000
Moyen-Orient 5,100,000
TOTAL 11,391,230 TOTAL 25,970,000

 

Mis à jour ( Jeudi, 24 Juin 2010 16:02 )