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Le chapitre 2 traite de la question du conflit et de la violence qui est en soi et de loin la principale cause des déplacements de populations dans le monde. Il se base dans une large mesure sur des cartes et fait appel aux capacités des étudiants à identifier et localiser les zones de guerre dont ils auraient connaissance. Par conséquent, cette leçon pourrait avoir lieu dans le cadre du cours de géographie. La dernière section du chapitre propose aux étudiants de se pencher sur les pages internationales d’un journal et d’y rechercher un article traitant d’une zone de conflit et d’analyser ce conflit.
On suggère de diviser la classe en petits groupes pour faire ce travail d’identification de zones de guerre, à partir d’une carte. L’enseignant peut utiliser la carte fournie ou une carte présente en classe, un atlas, mais plus la carte employée sera grande et détaillée, mieux cela sera.
Accordez 10 minutes aux étudiants pour discuter ce problème au sein des petits groupes et demandez leur d’exposer leurs conclusions devant la classe. Une courte discussion peut suivre sur l’un ou l’autre conflit que la classe aura souhaiter aborder davantage en détail.
Vous trouverez ci-dessous quelques éléments d’information au sujet de 12 conflits actuels ou récents. Afrique Ouganda – Dans le Nord de l’Ouganda, qui est frontalier du Sud du Soudan, un groupe rebelle (l’Armée de la Résistance du Seigneur - ARS) poursuit une guerre acharnée contre le gouvernement qu’elle tente de renverser. Sa principale tactique militaire consiste à attaquer les civils, les tuer, enlever les enfants pour en faire des esclaves ou des enfants soldats. On estime que plus d’un million de personnes ont été déplacées, dont beaucoup ont fui leur foyer par crainte d’attaques de l’ARS, pour trouver refuge dans des régions plus sûres.
Soudan – Dans le Soudan voisin, la guerre civile la plus longue du continent oppose le Nord musulman aux populations chrétiennes et animistes du Sud. A ce jour, deux millions de personnes sont décédées. Toutefois, après des années de négociations, le gouvernement soudanais et les rebelles sont parvenus à un accord afin de mettre un terme au conflit. Mis à part une période de 11 ans (de 1972 à 1983), le pays a été en guerre de façon ininterrompue depuis son indépendance en 1956. En 1983, le gouvernement dominé par les Arabes du Nord a tenté d’imposer la Charia islamique à tout le pays, même aux régions dans lesquelles la majorité des habitants ne sont pas musulmans. Cela a exacerbé la rébellion qui a pris naissance dans le Sud peuplé de Noirs chrétiens ou appartenant à des religions traditionnelles.
Darfour (région de l’Ouest du Soudan) - Selon les Nations-Unies, la plus grave crise humanitaire se développe actuellement dans une région située à l’Ouest du Soudan : le Darfour. Environ un million de gens ont fui leur foyer et au moins 10.000 personnes ont été tuées. Plus de 100.000 personnes ont cherché refuge au Tchad voisin. Des milices arabes progouvernementales sont accusées d’avoir procédé à une épuration ethnique voire à un génocide contre les populations noires. C’est en 2003 que ce conflit a débuté dans cette région aride et pauvre, lorsqu’un groupe a entrepris d’attaquer des objectifs gouvernementaux pour la raison que Khartoum négligeait la région et discriminait les Noirs en faveur des Arabes. Historiquement, ces deux communautés ont connu de nombreuses tensions au sujet des terres et de leurs droits de pâture.
Libéria – Au cours de la dernière décennie, le Libéria a connu plusieurs guerres civiles. La dernière en date a opposé en 2003 deux groupes rebelles au gouvernement de Charles Taylor qui a dû fuir le pays. Une importante force des Nations-Unies est actuellement déployée pour assurer le maintien de l’ordre durant la période de transition vers la paix et le retour à l’état de droit. Cependant, le pays est loin d’avoir été stabilisé et d’importantes quantités d’armes sont toujours aux mains des rebelles et des partisans du gouvernement. Une grande partie de l’infrastructure a été détruite et plus d’un million de personnes (sur un total de moins de 3,5 millions d’habitants) ont été déplacées. En outre, des centaines de milliers de réfugiés se trouvent encore dans les pays voisins.
Burundi – L’assassinat du Nonce apostolique, Mgr Michael Courtney, en décembre 2003, a porté un coup aux espoirs de restauration de la paix au Burundi, pays qui a vécu une guerre civile de 10 ans. Néanmoins, la signature récente d’un accord de paix entre le principal groupe armé hutu (CNDD-FDD) et le gouvernement a été un signe d’espoir pour une fin prochaine de la guerre. En dépit d’accords de paix, le pays reste très instable et miné par les violences. Près de 300.000 Burundais sont réfugiés dans les pays voisins, la plupart en Tanzanie.
République démocratique du Congo – Comme au Burundi voisin, de récents efforts pour ramener la paix ont laissé espérer que la guerre civile approchait de sa fin. Le dernier conflit en RDC remonte à 1998 lorsqu’une rébellion appuyée par des troupes rwandaises et ougandaises a déclenché une guerre intense de cinq ans. Plusieurs autres Etats voisins ont été entraînés dans la guerre, soit pour aider le gouvernement de Kinshasa, soit pour le combattre, en fonction de leurs intérêts nationaux propres, économiques ou politiques, et compte tenu, notamment, des considérables richesses minières de la RDC. Plus de deux millions de personnes ont été tuées durant ces cinq années et d’innombrables autres ont été déplacées. Les accords de paix ont abouti au retrait de toutes les armées étrangères et à la mise sur pied d’un gouvernement de partage du pouvoir. Toutefois, plusieurs régions du pays souffrent toujours de la guerre et de la violence et un soulèvement à Bukavu (dans l’Est du pays) en juin 2004 a montré combien le pays reste divisé et instable. Amérique Latine Colombie – Ce pays a considérablement souffert des conséquences d’une guerre civile de 40 ans. Suite à l’échec d’un accord de paix entre le gouvernement et le principal groupe armé, le FARC, la violence s’est aggravée dans tout le pays et la population s’est de plus en plus trouvée victime d’abus graves perpétrés par les divers groupes armés. Les déplacements forcés en Colombie sont inquiétants : au cours des deux dernières années, les pays voisins (Vénézuéla, Equateur et Panama) ont reçu des réfugiés en nombre toujours plus important et de nombreux Colombiens sont déplacés à l’intérieur de leur pays. La brutalité de la réponse de l’armée gouvernementale aux rebelles n’a fait qu’ajouter aux souffrances de la population civile. On estime qu’en suite du conflit, deux millions de personnes pourraient être déplacées avec une absence quasi totale de protection de leurs droits élémentaires dans de nombreuses régions. Asie Aceh – Indonésie – En mai 2003, l’armée indonésienne a accru ses opérations contre les rebelles séparatistes du « Mouvement pour un Aceh libre », déclarant la loi martiale et entreprenant une opération militaire de grande envergure, suite à la rupture de négociations de paix entre les deux parties. Suite à ce conflit, plus de 100.000 personnes ont été déplacées, trouvant refuge au Nord-Sumatra. La loi martiale a été levée en mai 2004, entraînant quelque assouplissement des restrictions militaires, mais le conflit n’en est pas terminé pour autant. Il s’agit là des derniers développements d’un conflit ayant connu au fil des ans des phases d’intensité variable, depuis les années 70, et dans lequel au moins 10.000 personnes, la plupart civiles, ont été tuées. Les militaires et la police se sont aliénés par leurs abus envers les civils une grande partie de la population locale.
Sri Lanka – La population du Sri Lanka a subi les effets d’une guerre civile sans merci durant deux décennies. Actuellement, elle connaît une période de ni guerre ni paix. Plus de deux ans après qu’un cessez-le-feu a été annoncé dans la guerre civile opposant les « Mouvement des Tigres de libération du pays tamoul» et l’armée sri-lankaise, au moins 400.000 personnes sont toujours déplacées à l’intérieur du pays. La paix, proclamée en février 2002, a certes apporté des résultats positifs à ce pays dévasté et notamment une plus grande liberté de mouvement aux citoyens et un meilleur niveau de développement économique. Toutefois, les réticences d’un grand nombre de gens à regagner leur foyer, plusieurs violations du cessez-le-feu et une rupture des négociations de paix constituent d’importantes préoccupations. Une des tâches primordiales auxquelles doit s’attacher le gouvernement est la reconstruction des écoles et des autres infrastructures éducatives. Moyen-Orient Afghanistan - La population afghane a souffert terriblement durant près de trois décennies de guerre. Pendant les années 80, des groupes islamiques ont mené la guérilla contre la dictature communiste mise en place en 1978. Ce n’est cependant qu’en 1990 que les moudjahiddins ont renversé le gouvernement communiste pour donner le pouvoir aux chefs de guerre (bien qu’un gouvernement central ait été alors établi). La guerre civile a continué au début des années 1990 et en 1996 le mouvement des Talibans a pris le pouvoir sur le pays. L’Afghanistan est alors devenu une dictature théocratique.
En 2001, une révolte populaire a suivi l’invasion américaine et la dictature est tombée. Un gouvernement de transition a été constitué et, en 2004, une nouvelle constitution a été acceptée, ouvrant la voie à des élections présidentielles et parlementaires. Celles-ci se sont tenues dans tout le pays en juin 2004. Malgré ces premiers pas vers la stabilité, le pouvoir du gouvernement ne s’étendait pas vraiment au-delà de la capitale, les chefs de guerre gardant leur puissance. En 2007, on a constaté que les Talibans avaient accru leur présence, leurs attaques triplant par rapport à 2006. Ces décennies de violence ont causé la mort de dizaines de milliers d’Afghans et la fuite hors du pays de millions d’autres.
Irak – On ne peut qu'estimer appropimativement le coût humain de l'invasion de l'Irak par les forces américaines et britanniques, pour 'éliminer les armes de destruction massive, mettre un terme au soutien de Saddam Hussein du terrorisme et libérer le peuple irakien'. Au minimum, on compterait environ 30 000 morts, bien qu’un chiffre plus réaliste pourrait dépasser les 100 000 victimes. Environ 4,2 millions d’Irakiens ont fui leurs foyers depuis 2003 (de l’ordre de 16% de la population), parmi lesquels 2,2 millions ont été forcés de quitter le pays.
Les conséquences de l’invasion américaine ont laissé le pays dans une condition sécuritaire fragile. Les commentateurs rapportent que la nation est dans un état de guerre civile permanente, les tensions entre Sunnites et Chiites exacerbées. Près de 5 millions d’enfants sont orphelins et la reconstruction du pays prendra certainement des générations. Espérer une solution rapide d’une nouvelle administration US est plus qu’optimiste et des solutions « occidentales » pourraient ne pas marcher dans cette société du Moyen Orient.
Europe Les Balkans – Une succession de guerres très violentes et destructrices dans l’ancienne Yougoslavie durant les années 90 a causé des pertes de vies humaines inégalées en Europe depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Les statistiques établies par le HCR en 2003 montrent qu’un nombre considérable de réfugiés et de personnes déplacées vivent toujours en Europe du Sud-Est et dans l’ex-Yougoslavie. Quoique la guerre dans ce pays soit depuis longtemps terminée et que les médias se soient intéressés à d’autres régions du monde, plus d’un million de personnes sont encore déplacées dans cette zone. Plus de 600.000 personnes ayant fui leur foyer en Croatie, Slovénie, Bosnie-Herzégovine et Kosovo au cours des guerres qui y ont éclaté dans la dernière décennie vivent encore aujourd’hui en Serbie-Monténégro. D’autre part, quelque 385.210 personnes restent déplacées en Bosnie-Herzégovine ; 23.520 en Croatie et 8.690 en Macédoine. Source : archives du JRS Activité L’information communiquée ci-dessus a pour but d’aider le professeur à répondre aux questions qui pourraient lui être posées au sujet de divers conflits dans le monde. Au cours de l’exercice terminant ce chapitre, les étudiants pourront choisir eux-mêmes un article les intéressant ou le professeur leur en assigner un de son choix. Bien entendu, les informations ci-dessus pourront également être utilisée dans ce cadre.
On peut donner aux plus jeunes élèves une carte sur laquelle les zones de conflit sont déjà reportées, qu’ils utiliseront pour identifier les pays dans lesquels ces conflits se déroulent.
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