Le chapitre 8 aborde le rôle des organisations humanitaires, et plus particulièrement le Service jésuite des Réfugiés, dans l’aide aux personnes déplacées et réfugiées. Son but est d’apporter une bonne compréhension de l’action de ces organisations et de leur efficacité.
Deux photos de camps de réfugiés en Afrique illustrent la première partie. Laissez les étudiants examiner ces photos, se représenter ce que peut être l’existence des réfugiés qui s’y trouvent et réfléchir à ce dont les camps devraient disposer pour répondre aux besoins élémentaires des réfugiés.
Il apparaît clairement au vu des photos que ces camps sont surpeuplés, que les abris sont réduits et sommaires et que les commodités de base font largement défaut. Il faut savoir que les réfugiés sont souvent empêchés de sortir des camps que ce soit, par exemple, pour trouver du travail ou pour aller au marché. En Afrique, des dizaines de milliers de réfugiés ont langui dans de pareils camps, parfois pour plus de 10 ans, se trouvant à la fois dans l’impossibilité de regagner leur pays dévasté par la guerre et de recommencer leur vie dans le pays d’accueil.
Suggestion de questions pour les élèves Voyez vous des écoles et/ou des hôpitaux sur les photos ? Y en a-t-il dans les camps ?
Voyez-vous de jeunes réfugiés jouer ou faire du sport ? Où peuvent-ils le faire ?
ActivitéRestituer sa légende à chaque photo est un exercice qui mettra en lumière diverses formes d’aide apportée aux réfugiés par des organisations humanitaires, de l’aide d’urgence (alimentation, hébergement, soins de santé) à l’éducation et à des activités génératrices de revenus.
Solution de l'exercice :
Photo A= légende 4
Photo B= légende 5
Photo C= légende 1
Photo D= légende 6
Photo E= légende 3
Photo F = légende 2
Discussion libreCette discussion est destinée aux élèves plus âgés et sera orientée vers la question complexe de la place et du rôle d’une organisation humanitaire dans l’ensemble d’institutions venant en aide à des groupes et à des personnes – rôle souvent assumé par les gouvernements. Demandez aux étudiants ce qu’ils pensent du rôle d’une organisation humanitaire, si ces organisations sont nécessaires et si elles remplissent des tâches qui normalement relèvent des gouvernements.
Il s’agit d’un débat réel et difficile, même si, en raison de l’absence de structures étatiques effectives dans de nombreux pays en voie de développement, les organisations humanitaires peuvent faire la différence entre la vie et la mort pour de nombreuses personnes.
Demandez encore aux étudiants d’où proviennent les fonds dont disposent les organisations humanitaires. Dans la plupart des cas, ces fonds proviennent à la fois de dons privés (qu’il s’agisse d’individus ou d’autres organisations ou fondations) et des Etats ou d’organisations (inter)gouvernementales (comme l’Union européenne)
Le Service Jésuite des Réfugiés (Jesuit Refugee Service - JRS)Le Service jésuite des Réfugiés (JRS) est une organisation catholique internationale dont la mission est d’accompagner, servir et défendre les droits des réfugiés et des personnes déplacées de force. Le JRS offre son aide aux niveaux national et régional et bénéficie du soutien d’un bureau international à Rome. Créé en novembre 1980 comme organe de la Société de Jésus, le JRS a été officiellement enregistré comme fondation le 19 mars 2000 au Vatican.
Les programmes du JRS couvrent plus de 50 pays, apportant aide aux réfugiés dans des camps, aux personnes déplacées dans leur propre pays, aux demandeurs d’asile dans des zones urbaines et aux personnes se trouvant en détention. Ces principaux terrains d’action sont l’éducation, l’assistance juridique, l’aide d’urgence, la santé et l’alimentation, la création d’activités génératrices de revenus et les services sociaux. A ce jour, plus de 376.000 personnes ont directement bénéficié des projets du JRS.
Plus de 500 travailleurs participent à l’action du JRS, la plupart à titre bénévole, dont quelque 100 jésuites (prêtres, frères et scholastiques), 85 religieux d’autres congrégations et plus de 300 laïcs. Ne sont pas compris dans ces chiffres les nombreux réfugiés recrutés en tant qu’enseignants, personnel médical et autres, pour mettre en œuvre les programmes.
L’assistance juridique et administrative (défense des droits des réfugiés) constitue une part importante du travail du JRS. Cela signifie : assurer aux réfugiés la jouissance entière de tous leurs droits humains pendant leur exil et au cours de leur rapatriement ainsi que garantis par la Convention de 1951 relative au Statut des Réfugiés, et renforcer la protection accordée aux personnes déplacées à l’intérieur des frontières de leur pays. Cela couvre aussi le recours à la persuasion vis-à-vis des autorités (lobbying) et la promotion d’une meilleure protection internationale et d’une législation sur les droits humains. Ce travail se fait soit en prenant part à des campagnes internationales et à des coalitions avec d’autres organisations humanitaires, soit en participant à des forums internationaux tels que le Comité économique et social des Nations-Unies (ECOSOC).
Les principaux projets du JRS :
- Assistance juridique (y compris la défense globale des droits humains, la défense de cas individuels, le conseil juridique) : plus de 10.000 bénéficiaires
- Education (y compris l’enseignement dans des classes traditionnelles ; l’octroi de bourses ; les classes d’alphabétisation ; la formation pédagogique ; la formation professionnelle ; la formation agricole ; l’éducation à la paix) : plus de 115.000 bénéficiaires
- Aide d’urgence (incluant l’aide alimentaire, l’hébergement et les premiers secours médicaux) : quelque 45.000 bénéficiaires ; Santé et alimentation (incluant l’assistance aux hôpitaux, cliniques, dispensaires, ergothérapie, compléments alimentaires) : environ 130.000 bénéficiaires
- Activités génératrices de revenus (y compris l’agriculture, l’artisanat et les projets agricoles, le petit entrepreneuriat, les projets de financement) : plus de 4.500 bénéficiaires
- Services sociaux (y compris le développement communautaire, la construction de la paix et la résolution des conflits, les projets de communication, le conseil, le souci pastoral, la formation des cadres, les loisirs, le bien-être social) : environ 70.000 bénéficiaires